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Comment s’assurer contre les catastrophes naturelles ?

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Comment s’assurer contre les catastrophes naturelles ?

Avec l’intensification des événements climatiques extrêmes, il est attendu que les coûts d’indemnisation atteignent un montant cumulé de 143 milliards d’euros d’ici à 2050. Burning Bright/Shutterstock
Selim Mankaï, Université Clermont Auvergne (UCA)

Assurance et risques élevés n’ont jamais fait bon ménage. Avec le réchauffement climatique, la viabilité des systèmes actuels d’indemnisation est remise en question. Dépense perçue comme peu prioritaire, augmentation des prix, soutien communautaire informel, l’adhésion des populations aux mécanismes d’assurance est de plus en plus faible.


« L’année 2023 est la troisième année la plus grave en termes de sinistres climatiques », déclare Florence Lustman, présidente de France Assureurs (organisme représentatif des principaux assureurs français). Les coûts des indemnisations se sont élevés respectivement à 10 milliards et 6,5 milliards d’euros en 2022 et 2023. Avec l’intensification des événements climatiques extrêmes, il est attendu qu’ils atteignent un montant cumulé de 143 milliards d’euros d’ici à 2050.

Le modèle d’assurance obligatoire contre ce type de risques, présents dans quelques pays comme la France et l’Espagne, reste une exception. Dans la plupart des autres pays, cette couverture est facultative et suit davantage une logique de marché. Sur les dernières années, de nombreuses compagnies d’assurance se retirent des zones à forte sinistralité climatique. Les derniers assureurs ajustent souvent à la hausse leur niveau des primes, ou font une sélection plus stricte des souscripteurs afin de maintenir une certaine rentabilité.

Des tarifs qui augmentent avec le risque

Nouvelle cadence infernale de catastrophes naturelles, faible base de souscripteurs, sur représentation de souscripteurs à risque élevé, le secteur de l’assurance vit une (r) évolution. Ces frictions alimentent la hausse des primes et évincent de plus en plus les profils à risque pour qui la couverture devient trop coûteuse.

Ce problème pourrait toucher à présent les régimes d’assurance obligatoire, autrefois moins exposés à ces tensions. En France, la contribution obligatoire au régime catastrophes naturelles – surprime adossée à l’assurance habitation – passera de 12 % à 20 % en janvier 2025. Cette hausse vient après 24 ans de stabilité. Elle pourrait marquer d’autres ajustements dans l’avenir.

La viabilité des systèmes actuels d’indemnisation est en question. C’est pourquoi nous avons conduit une méta-analyse. Elle recoupe les études empiriques publiées dans Web of Science et Google Scholar de 2005 à 2021, en combinant les mots-clés suivants : insurance, willingness to pay, low probability, contingent valuation, climate risk et natural disasters. Elle examine la demande d’assurance pour des risques tels que les inondations, les sécheresses et les tempêtes, ainsi que pour différents biens comme les habitations et les exploitations agricoles. L’objectif : mesurer la disposition des ménages à payer pour s’assurer contre ces risques. Cette valeur reflète le montant maximum qu’un individu est prêt à payer pour réduire son exposition aux risques.

Les ménages sous-estiment les risques climatiques

Les populations interrogées sont prêtes à payer, en moyenne, 87 % de la valeur de la prime actuarielle – somme qu’elles payent à l’assureur en échange des garanties définies. Ces résultats montrent que même si ces populations reconnaissent la nécessité de s’assurer, elles sont souvent réticentes à payer le juste prix de la couverture.


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Les individus auraient tendance à sous-estimer le risque causé par les catastrophes naturelles, ce qui les incite à ne pas souscrire à l’assurance. Dans les études expérimentales où les participants sont confrontés à des situations hypothétiques de risque créées par le chercheur, ces derniers seraient généralement prêts à payer plus en raison d’une perception amplifiée du risque. Par contre, dans les enquêtes observationnelles qui se limitent à observer leurs comportements dans son état naturel, la disposition à payer est plus faible, comme les participants ont tendance à négliger la perspective de perte.

Par ailleurs, le revenu moyen des ménages s’avère négativement corrélé à leur disposition à payer. L’assurance pourrait être perçue comme un bien inférieur dont la demande diminue lorsque le revenu augmente. Par exemple, les individus appartenant à des catégories socio-économiques supérieures préfèrent ne pas souscrire à des contrats pour couvrir certains risques, plutôt que de souscrire à une assurance classique. Ils décident ainsi d’en assumer seuls les conséquences financières. Une autre explication de ce résultat pourrait résider dans le fait que l’aversion pour le risque, et donc la préférence pour des choix moins risqués, tend à diminuer avec le niveau de richesse.

L’âge moyen est également un facteur pertinent en matière de demande : les personnes âgées sont moins disposées à payer pour des assurances.

Solidarité familiale en Chine, sécurité en Allemagne

Enfin la culture nationale joue un rôle majeur dans la perception de l’assurance.

En Chine, la société valorise fortement la solidarité familiale et communautaire. Dès lors, les habitants sont plus enclins à se tourner vers leurs réseaux sociaux familiaux en cas de perte en lien avec les catastrophes naturelles, plutôt que de souscrire à une assurance. Ce réflexe contraste avec d’autres pays. En Allemagne et aux Pays-Bas, il existe une forte culture de la gestion du risque par le biais des assurances formelles. Dans ces pays, les individus sont plus disposés à payer pour se prémunir contre les risques. L’assurance y est perçue comme une garantie de sécurité et un moyen efficace de répartir les risques.

D’autres facteurs culturels influencent la manière dont les populations perçoivent les assurances. En Inde, où la distance hiérarchique est élevée, les habitants ont tendance à se reposer sur l’aide publique contre les catastrophes naturelles. La demande d’assurance privée se retrouve logiquement réduite.

Dans un monde de post-croissance, où la priorité n’est plus la maximisation des profits mais plutôt à la durabilité et à la résilience des sociétés, quel rôle peuvent jouer les assurances ?

Peuvent-elles devenir un levier pour encourager des comportements responsables et partager les risques liés aux catastrophes climatiques de manière équitable ? Dans tous les pays, cette question cruciale émerge : comment réorienter les investissements, y compris ceux des assurances, vers des initiatives permettant de lutter efficacement contre le changement climatique tout en préparant les sociétés pour plus de résilience ?

Selim Mankaï, Maître de conférences en finance, Université Clermont Auvergne (UCA)

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Quel serait le prix du Groenland s’il était à vendre ?

Susan Stone, University of South Australia et Jonathan Boymal, RMIT University

Si les États-Unis rachetaient le Groenland, comment son prix serait-il fixé ? Des méthodes existent pour évaluer le prix des entreprises et d’autres actifs. Pour une économie entière, ce serait plus compliqué, et pas seulement pour des raisons financières. Des considérations politiques seraient à prendre en compte. La souveraineté n’aurait-elle pas de prix dans le monde moderne ?


Si vous avez manqué l’information, sachez que, ces dernières semaines, le président élu des États-Unis, Donald Trump, a exprimé à nouveau, à plusieurs reprises, son souhait que les États-Unis prennent « la propriété et le contrôle » du Groenland – un territoire autonome du royaume du Danemark.

C’est en 2019 que Trump a lancé pour la première fois l’idée que les États-Unis pourraient faire l’acquisition du Groenland. À l’époque, il avait fait valoir, à juste titre, qu’il n’était pas le premier président américain à avancer une telle proposition.

De nos jours, les ventes de territoires entre pays sont rares. Reste à savoir si, avec Trump, une transaction de ce type se reproduira. Dans ce cas de figure, une question se poserait : comment déciderait-on de ce qu’il faut payer pour l’ensemble d’un État, d’un territoire ou d’une nation ?

Pas une idée nouvelle

Les États-Unis ont porté un grand intérêt à la position stratégique du Groenland depuis les premiers jours de la guerre froide. En 1946, le président de l’époque, Harry Truman, a proposé d’acheter le territoire danois pour 100 millions de dollars en or. Il est rapporté que les Danois ont eu à peu près la même réaction à cette offre qu’en 2019, et à nouveau en 2025 : « Non, merci. »

Si aujourd’hui l’achat d’un territoire par une nation souveraine à une autre peut apparaître comme une idée étrange, il ne faut pas oublier que cela s’est produit de nombreuses fois dans le passé. Ainsi, au début du XIXe siècle, les États-Unis ont acheté de vastes territoires durant leur expansion vers l’ouest. Cela comprenait « l’achat de la Louisiane » à la France en 1803 pour 15 millions de dollars américains, soit l’équivalent de 416 millions de dollars américains en valeur de 2024.

Environ un demi-siècle plus tard, après la guerre américano-mexicaine, les États-Unis ont payé le Mexique pour de grandes quantités de territoires. Les États-Unis ont également acheté l’Alaska à la Russie en 1867, pour 7,2 millions de dollars américains (plus de 150 millions de dollars américains actuels).

Et ils ont acquis les îles Vierges américaines du Danemark en 1917 pour 25 millions de dollars en pièces d’or – soit plus de 600 millions de dollars d’aujourd’hui.

Les États-Unis ne sont pas les seuls à avoir eu recours à ce procédé. D’autres pays, comme le Japon, le Pakistan, la Russie, l’Allemagne ou encore l’Arabie saoudite ont tous acheté des territoires et étendu leur juridiction aux personnes qui y habitaient afin de détenir des terres, d’avoir accès à des cours d’eau critiques ou simplement de contrôler des zones tampons géographiques.

La valeur d’un pays

Valoriser un pays (ou un territoire autonome comme le Groenland) n’est pas une mince affaire. Contrairement aux entreprises ou aux actifs financiers, les pays sont composés d’un mélange d’éléments corporels et intangibles qui résistent à une simple mesure économique.

Un point de départ logique est le produit intérieur brut (PIB). En termes simples, le PIB est la valeur de tous les biens et services finaux produits dans une économie au cours d’une période donnée (généralement un an). Mais est-ce que cela reflète vraiment la véritable « valeur » d’une économie ?

Lorsque nous achetons quelque chose, les avantages qui en découlent durent – nous l’espérons – dans l’avenir. Ainsi, baser un prix d’achat sur la valeur produite au cours d’une période donnée peut ne pas refléter de manière adéquate la valeur de cet objet (dans ce cas, une économie entière) pour l’acheteur. Nous devons tenir compte de la capacité de continuer à générer de la valeur à l’avenir.

Les ressources productives du Groenland comprennent non seulement les entreprises, les gouvernements et les travailleurs existants utilisés pour générer son PIB actuel (estimé à environ 3,236 milliards de dollars américains en 2021), mais aussi sa capacité (difficile à mesurer) à changer et à améliorer son PIB futur. Cela dépendra notamment de la productivité attendue de ces ressources à l’avenir.

Il y a d’autres attributs de la valeur qui ne sont pas pris en compte dans le PIB. Il s’agit, par exemple, de la qualité de son capital (humain et infrastructurel), de sa qualité de vie, de ses ressources naturelles et de sa position stratégique.

Valoriser les ressources encore inexploitées

Au-delà de ce qui existe déjà, du point de vue du marché, ce sont les ressources encore inexploitées qui font la valeur du Groenland.

France 24 – 2025.

Le Groenland exploite du charbon depuis des décennies et dispose d’importantes réserves confirmées. Il a été démontré que le sous-sol contient des terres rares, des métaux précieux, du graphite et de l’uranium, ainsi que de l’or, de l’argent, du cuivre, du plomb, du zinc et du marbre. Enfin, il y a le potentiel d’une exploitation pétrolière majeure au large des eaux du Groenland. Rien de ce potentiel ne se reflète dans le PIB actuel du Groenland.

Les actifs nationaux plus faciles à évaluer

Mettre un prix sur un grand bien national, comme le canal de Panama (que Trump veut également faire passer sous contrôle américain), est beaucoup plus facile.

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La théorie de l’évaluation des actifs, qui remonte au XVIII? siècle, est un élément fondamental de la finance en tant que discipline. Si le « modèle d’évaluation des actifs » a évolué au fil du temps, il consiste fondamentalement à estimer les flux de revenus nets futurs d’un actif, sur la base de quelques intrants.

Pour le canal de Panama, il s’agirait d’estimer les revenus nets futurs qui pourraient être générés, en fonction de facteurs tels que les redevances liées à son utilisation et au niveau de trafic prévu. Il faut ensuite soustraire les coûts prévus d’entretien de l’équipement et de tous dommages estimés. Pour déterminer le prix, il faut aussi estimer la probabilité de réaliser réellement ce revenu net.

Finalement, la valeur ou le « prix » d’un tel actif est généralement déterminé en calculant la valeur actuelle de tous ces flux de revenus (nets) futurs.

Les ventes de territoires modernes sont rares

La baisse des ventes territoriales est liée à plusieurs facteurs. Historiquement, les ventes de terres ont souvent davantage profité aux élites dirigeantes plutôt qu’aux citoyens ordinaires.

Dans les démocraties modernes, il est presque impossible de vendre des terres si les citoyens locaux s’y opposent. Les démocraties fonctionnent selon le principe que les biens nationaux doivent servir le peuple, et non les coffres du gouvernement. Vendre un territoire aujourd’hui nécessiterait de démontrer des bénéfices clairs et tangibles pour la population, une tâche difficile en pratique.

La puissance des liens

Le nationalisme joue également un rôle puissant. La terre est profondément liée à l’identité nationale et sa vente est souvent considérée comme une trahison. Les gouvernements, en tant que gardiens de la fierté nationale, sont réticents à accepter des offres, aussi tentantes soient-elles.

À cela s’ajoute une norme internationale forte contre les frontières changeantes, née des craintes qu’un ajustement territorial puisse déclencher une cascade de revendications et de conflits ailleurs.

Dans le monde d’aujourd’hui, l’achat d’un pays ou de l’un de ses territoires n’est peut-être rien de plus qu’une expérience de pensée. Les nations sont des entités politiques, culturelles et historiques qui résistent à la marchandisation.

Le Groenland peut théoriquement avoir un prix, mais la vraie question est de savoir si une telle transaction pourrait un jour s’aligner sur les valeurs et les réalités modernes.

Susan Stone, Credit Union SA Chair of Economics, University of South Australia et Jonathan Boymal, Associate Professor of Economics, RMIT University

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Consommation d’alcool : derrière les modes, une grande stabilité des habitudes

Steve Charters, Burgundy School of Business et Lara Agnoli, Burgundy School of Business

Les évolutions de la consommation d’alcool masquent une certaine permanence des comportements selon les pays. Les boissons les plus consommées et les moments de consommation sont très variables d’une nation à l’autre.


Selon Euromonitor International, le marché mondial des boissons alcoolisées connaît une croissance constante en valeur depuis 2018. Cependant, si l’on s’intéresse aux différents types de boissons alcoolisées, on constate que le marché est en pleine évolution.

Les analystes soulignent une premiumisation : les consommateurs recherchent de plus en plus des boissons uniques comme les bières artisanales, les spiritueux artisanaux et les vins de petites séries. Les acheteurs sont prêts à payer davantage pour des produits de haute qualité proposant des saveurs distinctes et des expériences remarquables.

En revanche, les volumes de consommation enregistrent une tendance différente, avec 2,5 milliards d’hectolitres de boissons alcoolisées consommés en 2023, un chiffre stable par rapport à 2018, avec une légère augmentation d’environ 8 % prévue jusqu’en 2028. La consommation est en baisse sur certains marchés, comme l’Europe occidentale, mais en hausse sur d’autres, comme l’Europe de l’Est et l’Afrique subsaharienne.

Diversité des alcools et des habitudes de consommation

L’alcool couvre une gamme de produits variés, tous devant être consommés avec modération. Comme chacun sait, il y a la bière (dont la teneur en alcool est généralement comprise entre 2,5 et 7 degrés, avec une moyenne d’environ 5), le vin (entre 5,5 et 23, avec une moyenne d’environ 13 degrés) et les spiritueux (jusqu’à environ 50, mais à des niveaux variables lorsqu’ils sont mélangés à des cocktails ou à d’autres boissons).

Au-delà de la variété des boissons, il y a aussi la complexité des différentes cultures nationales de consommation. Dans certains pays, l’alcool (principalement le vin) est consommé essentiellement au cours d’un repas ; dans d’autres, dans des bars où la nourriture n’a pas vraiment sa place. Dans certains pays, l’alcool est consommé régulièrement mais en petites quantités ; dans d’autres, occasionnellement, mais ces occasions peuvent concerner de petites ou de très grandes quantités.

Prégnances culturelles malgré les évolutions de la consommation

Une étude récente illustre ces évolutions, en utilisant des données de l’OMS pour classer les habitudes nationales de consommation d’alcool en Europe (l’UE plus l’Islande, la Norvège et l’Ukraine) entre 2000 et 2019. Les résultats soulignent que, si la croissance du marché et les préférences des consommateurs évoluent, les habitudes de consommation d’alcool en Europe sont profondément ancrées dans des facteurs culturels et font preuve d’une remarquable stabilité au cours de ces deux décennies.

L’étude identifie six modes de consommation d’alcool en Europe. Dans des pays comme la France, l’Italie et le Portugal, le vin est la boisson alcoolisée préférée et les boissons alcoolisées sont généralement consommées avec modération et au cours des repas. Dans d’autres pays, principalement les pays baltes, la consommation de spiritueux est élevée. C’est en Europe centrale et orientale que l’on trouve un grand nombre de consommateurs de bière, souvent associés à une forte consommation de spiritueux en dehors des repas.

Si l’étude montre que la culture de la consommation d’alcool évolue parfois dans certains pays, la plupart d’entre eux font preuve d’une stabilité à long terme en ce qui concerne ce qu’ils boivent et la manière dont ils le boivent. Cela laisse supposer l’existence de normes culturelles profondément enracinées en matière de pratiques de consommation.

Différentes cultures du vin

S’appuyant sur l’idée que les habitudes de consommation sont ancrées dans les normes culturelles, une étude publiée en 2020 présente une analyse complète de plusieurs pays qui examine comment des facteurs culturels profondément enracinés façonnent la consommation de vin. Cette étude confirme que les habitudes de consommation de vin ne dépendent pas uniquement de facteurs économiques, mais qu’elles sont également fortement influencées par des traditions, des comportements sociaux et des contextes culturels qui ont évolué au fil du temps.

2018.

Dans les pays producteurs de vin comme la France, l’Italie et l’Espagne, la consommation de vin est souvent un acte symbolique lié aux repas de famille, à la fierté régionale et aux réunions sociales, où la modération est de mise. Dans ces pays, le vin n’est pas seulement considéré comme une boisson alcoolisée, mais comme faisant partie d’un mode de vie, étroitement lié à la santé, à l’identité et au patrimoine.

Encore une fois, il apparaît que tous les alcools ne sont pas les mêmes. Une autre étude récente à laquelle nous avons participé est éclairante à cet égard. Nous avons utilisé les données d’une enquête à large échantillon pour examiner les sentiments des consommateurs par rapport à leur comportement en matière de consommation d’alcool. Pour les hommes, « les sentiments positifs sont associés à la consommation de bière et de vin, tandis que les sentiments négatifs sont liés aux spiritueux » – ce dernier point se vérifiant tant pour les hommes que pour les femmes. Il n’est pas possible de déterminer si la consommation de vin produit des sentiments positifs ou si le bonheur conduit à une plus grande consommation de vin, mais le lien existe.

Steve Charters, Professor of Wine Marketing, Burgundy School of Business et Lara Agnoli, Associate professor, Burgundy School of Business

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

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Réinventer sa garde-robe : une bonne résolution pour 2025

Aurore Bardey, Burgundy School of Business

Et si la mode durable n’était pas seulement bonne pour la planète mais aussi pour le moral de celles et ceux qui la portent ? Le début d’année peut être un bon moment pour changer de comportements pour le meilleur et le… meilleur.


Le début d’année est une période propice pour les bonnes résolutions visant le plus souvent à améliorer le bien-être des personnes. Selon une enquête de Statista, environ un tiers des Français ont pris une ou plusieurs bonnes résolutions pour 2024. Les principales résolutions concernent l’adoption d’un mode de vie plus sain. Ainsi, 51 % des personnes interrogées souhaitent faire plus de sport ou d’exercice, suivies par 44 % qui envisagent de manger plus sainement et 37 % qui désirent perdre du poids selon Statista).

Et si revoir sa garde-robe devenait une démarche clé cette année ? Plus qu’un simple tri ou une tendance passagère, repenser ses choix vestimentaires – que ce soit à travers la mode minimaliste ou en alignant ses vêtements avec ses valeurs profondes – pourrait être une voie vers un mieux-être durable.

Cette démarche ne se limite pas à réduire la surconsommation et son impact environnemental ; elle permet également de se recentrer sur soi-même et de cultiver un style en harmonie avec sa véritable identité. Des recherches récentes mettent en lumière les effets positifs de cette approche sur le bien-être, la clarté de soi, la créativité, et les émotions, ouvrant la voie à une résolution « transformative » pour 2025.

Faire barrière aux émotions négatives

Chaque matin, face à notre armoire de vêtements, nous prenons des décisions apparemment anodines : choisir un pull confortable ou une tenue élégante. Mais ces choix pourraient avoir des implications bien plus profondes, influençant directement notre bien-être émotionnel et notre perception de nous-mêmes.

Nous avons pu récemment mener une étude qui explore la relation entre les vêtements, la durabilité et les émotions. Les résultats offrent des pistes pour repenser nos habitudes de consommation vestimentaire. L’étude a testé l’effet de vêtements étiquetés « durables » ou « non durables » sur les émotions de participants répartis en trois groupes. Les résultats montrent que les personnes portant des tee-shirts « non-durables » ressentaient plus d’émotions négatives par rapport à celles habillées en vêtements « durables ».

En d’autres termes, savoir que nos choix vestimentaires sont en phase avec des valeurs éthiques et environnementales peut améliorer notre état émotionnel. Ce phénomène, nommé « cognition par l’habit »), souligne le pouvoir des vêtements pour influencer notre perception de soi et nos comportements.

Un véritable casse-tête

Identifier des vêtements écoresponsables peut sembler complexe face à la multiplicité des labels et des pratiques dans l’industrie de la mode. Cependant, plusieurs outils et plates-formes permettent aujourd’hui de simplifier cette démarche. Par exemple, l’application Good On You évalue les marques en fonction de leur impact environnemental, social et éthique, en attribuant une note de durabilité. Le site français Clear Fashion offre une analyse détaillée des pratiques des marques, en mettant en lumière des critères comme la composition des textiles ou les conditions de travail. D’autres initiatives comme Wedressfair ou TheGoodGoods aident les consommateurs à identifier les marques engagées dans une production durable.

Enfin, pour ceux qui cherchent à acheter d’occasion, les magasins de fripes ou des plates-formes comme Vinted ou Vestiaire Collective aident à prolonger la vie des vêtements, réduisant ainsi l’empreinte carbone liée à la production de nouveaux articles. En adoptant ces outils, il devient plus facile de faire des choix éclairés et de contribuer à une mode plus responsable.

Une garde-robe minimaliste pour un plus grand bien-être

La mode minimaliste repose sur l’idée d’une garde-robe réduite, composée d’un nombre limité d’articles, notamment des vêtements et accessoires, qui privilégient la qualité, la longévité et un design intemporel ou classique. Mais quels en sont les véritables bénéfices ?

Deux études récentes offrent des éclairages intéressants sur cette pratique. D’une part, Bang et DeLong ont invité sept femmes à vivre pendant deux mois avec une garde-robe minimaliste composée de moins de 50 articles. Résultat : les participantes ont pris davantage conscience de leurs habitudes de consommation et de l’importance de la durabilité. Quatre d’entre elles ont constaté une augmentation de leur créativité, tandis que deux ont ressenti une légère baisse et une n’a observé aucun changement. Cependant, toutes ont affirmé mieux comprendre les enjeux liés à la mode durable et avoir adopté des pratiques plus responsables.

D’autre part, nous avons mené une expérience similaire sur une période de trois semaines, impliquant dix femmes). Les résultats sont tout aussi positifs : réduction du stress, détachement des tendances éphémères, meilleure clarté identitaire, et comportement de consommation plus durable. Les participantes ont également rapporté une diminution de la fatigue décisionnelle et une plus grande créativité dans la création de leurs tenues, valorisant davantage leur style personnel plutôt que les diktats de la mode.

Arte 2021.

Adopter une garde-robe minimaliste demande de suivre quelques étapes clés. Nous proposons un guide pratique pour entamer ce processus de manière efficace) :

  1. Videz votre dressing : commencez par un tri complet de votre garde-robe. Étalez tous vos vêtements, chaussures, sacs et accessoires sur une surface pour avoir une vue d’ensemble.

  2. Essayez chaque pièce : passez en revue chaque article en l’essayant. Classez-les en trois piles distinctes : « oui », « non » et « peut-être ». Vous pouvez prendre des photos de vous portant chaque vêtement pour mieux évaluer si vous souhaitez le conserver.

  3. Constituez une pile « oui » : ces pièces reviennent directement dans votre armoire. Elles correspondent à votre style actuel, s’intègrent parfaitement à votre mode de vie, et vous apportent joie et confiance. Ce sont également des articles faciles à assortir avec d’autres éléments de votre garde-robe.

  4. Constituez une pile « non » : les articles qui ne vous vont pas ou ne correspondent plus à votre style rejoignent cette pile. Donnez-les, échangez-les ou vendez-les. L’objectif est de désencombrer votre dressing en éliminant ce qui n’est plus adapté.

  5. Constituez une pile « peut-être » : ces pièces sont celles sur lesquelles vous hésitez : vêtements à valeur sentimentale, articles hors saison ou achats coûteux. Si elles ne rentrent pas dans votre nouvelle garde-robe minimaliste (35 à 55 pièces), rangez-les dans un endroit sûr (valise, sous le lit, etc.). Une fois mises de côté, vous ne pourrez pas les récupérer en cas de besoin.

  6. Remplissez votre dressing avec la pile « oui » : reconstituez votre garde-robe avec enthousiasme en organisant soigneusement les articles sélectionnés. Profitez-en pour composer des tenues qui reflètent pleinement votre style tout en valorisant les vêtements que vous possédez déjà.

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Un chemin vers l’authenticité

La mode a longtemps été perçue comme une industrie superficielle, dictée par des tendances éphémères et souvent déconnectée des réalités personnelles. Pourtant, elle détient un pouvoir bien plus profond : celui d’influencer la perception de soi et d’agir comme un [outil d’empowerment]. Le concept de la « cognition par l’habit »), le fait de porter des vêtements avec une symbolique forte peut influencer directement notre perception de nous-mêmes et la manière dont nous interagissons avec les autres.

Ainsi, réinventer sa garde-robe, c’est bien plus que trier ses vêtements : c’est une démarche vers une vie plus alignée, plus durable et plus sereine. En adoptant des vêtements écoresponsables ou en s’engageant dans le minimalisme, nous pouvons cultiver un bien-être personnel tout en ayant un impact positif sur le monde qui nous entoure. Et si, en 2025, nous décidions non seulement de porter des vêtements, mais aussi d’exprimer pleinement qui nous sommes à travers eux ?

Aurore Bardey, Professeur Associé en Marketing, Burgundy School of Business

Cet article est republié à partir de The Conversation sous licence Creative Commons. Lire l’article original.