« Quand est-ce que je pourrai avoir un téléphone ? »
Cette question, à laquelle feront face un jour où l’autre la plupart des parents, peut être source de discussions houleuses. Bien cerner les besoins, évaluer la maturité de son enfant, et maintenir la communication permettent toutefois d’y apporter une réponse qui minimisera les risques de conflits.
En tant que parents, vous vous êtes peut-être déjà posé cette question : « est-il temps pour mon enfant d’avoir son premier téléphone ? »
La première motivation de cette interrogation est souvent d’ordre sécuritaire. Il s’agit de s’assurer que son enfant dispose d’un moyen de communication en cas de problème sur le trajet de l’école, ou lorsqu’il reste seul à la maison. Cette question peut aussi découler de la pression sociale ressentie par votre enfant, dans le cas de figure où la plupart de ses amis possèdent eux-mêmes un téléphone.
Comment savoir s’il est effectivement prêt à recevoir son propre smartphone ? Si vous vous y refusez, quelles sont les alternatives qui s’offrent à vous ? Et si vous y condescendez, comment établir des limites saines… et réalistes ? Voici quelques pistes.
Autoriser son enfant à avoir son propre téléphone n’est pas anodin
Ces risques ne relèvent pas forcément du fantasme : diverses études ont montré que le fait de posséder un téléphone peut mener à une forme de dépendance, être source de distraction ou aboutir à un déficit de concentration, à l’école et en général. Il est donc important de faire des choix réfléchis et de fournir à l’enfant un accompagnement lors de cette étape clé.
Avoir un téléphone peut présenter des risques pour votre enfant, s’il n’est pas prêt.Body Stock/Shutterstock
Comment savoir si votre enfant est prêt pour un téléphone ?
La possession d’un téléphone ne doit pas nécessairement dépendre de l’âge de l’enfant, mais plutôt de sa maturité et de la qualité de son environnement familial.
Des travaux récents ont montré que les enfants à qui l’on offre un téléphone en tenant compte de leur maturité adoptent de meilleures habitudes numériques sur le long terme que ceux à qui on l’a donné en ne tenant compte que de leur âge. Ils gèrent mieux la distraction constante que peut représenter cet objet, et ont une plus grande capacité à juger la pertinence des contenus qu’ils consultent et avec lesquels ils interagissent.
Il est possible d’évaluer le niveau de maturité de votre enfant en vous posant quelques questions :
Est-il responsable vis-à-vis des technologies qu’il a déjà à sa disposition ?
Respecte-t-il les règles mises en place concernant le temps d’écran ?
Est-il prêt à discuter de ses expériences en ligne avec vous ? Vient-il vous voir en cas de problème, ou lorsqu’il ne comprend pas quelque chose ?
A-t-il une compréhension de base des problématiques liées à la confidentialité et à la sécurité numériques ?
Comment prend-il ses décisions hors ligne ? Comment se comporte-t-il avec la famille, les amis ? Vis-à-vis de ses responsabilités ?
Les options sans téléphone
Même si votre enfant vous semble prêt à posséder son propre téléphone, il n’est pas nécessaire de lui offrir immédiatement un smartphone doté de toutes les fonctionnalités et applications disponibles sur les appareils utilisés par les adultes.
Si vos préoccupations sont essentiellement liées à la sécurité (si vous souhaitez par exemple pouvoir garder le contact sur les trajets vers l’école), une montre connectée ou un téléphone basique feront tout à fait l’affaire. Ces dispositifs permettront à votre enfant de recevoir et de passer des appels et des SMS, sans toutefois le laisser accéder à Internet.
Si les raisons qui vous poussent à envisager d’équiper votre enfant d’un téléphone sont plutôt liées à la volonté de ne pas l’isoler de son cercle d’amis, vous pouvez dans un premier temps lui proposer d’utiliser une tablette familiale partagée, sur laquelle auront été installées des applications de messagerie supervisées. Ainsi, votre enfant pourra cultiver ses relations sociales, mais dans un cadre bien défini.
Au lieu d’un smartphone, vous pourriez commencer par équiper votre enfant d’une montre connectée.NADKI/Shutterstock
Comment gérer la transition vers un téléphone ?
À mesure que les enfants font montre d’une plus grande maturité numérique et d’une plus grande indépendance, ils peuvent être autorisés à passer à un smartphone sur lequel auront été mis en place un contrôle parental et des restrictions. Si leur attitude est suffisamment responsable, il sera possible de leur permettre d’acquérir progressivement de plus en plus de privilèges.
Une autre possibilité est d’opter pour un smartphone moins restreint, à la condition de faire des bilans réguliers. Dans ce cas de figure, les parents et l’enfant discutent et examinent ensemble la façon dont est utilisé le téléphone : comment sont gérées les notifications, quelles sont les applications autorisées, dans quels endroits le téléphone peut-il être employé…
Il s’agit de faire comprendre que l’accès à un smartphone n’est pas inconditionnel, mais plutôt la dernière étape d’un processus numérique réfléchi.
Des études ont montré que les familles qui adoptent cette approche progressive font face à un nombre plus restreint de conflits au sujet des objets technologiques, et que leurs enfants développent sur le long terme de meilleures habitudes numériques.
L’essentiel est de parvenir à adapter l’accès à la technologie aux besoins réels, plutôt qu’à la pression sociale perçue, tout en maintenant des limites claires et une communication ouverte.
Trois discussions essentielles à avoir avec votre enfant
De nombreux établissements scolaires ont désormais mis en place des restrictions concernant l’utilisation des téléphones pendant les heures de classe. Mais leur emploi doit aussi être régulé en dehors de l’école, afin de s’assurer que les enfants en font une utilisation saine.
Pour bien débuter, trois discussions essentielles doivent être envisagées :
1. les demandes d’amis : elles peuvent être trop nombreuses, et submerger les enfants (et les parents). Il n’est pas nécessaire de toutes les accepter : décidez ensemble comment gérer le flot de demandes, et comment limiter les contacts inutiles ;
2. le temps d’écran : lorsque votre enfant obtiendra son premier appareil, vous constaterez probablement une hausse du « temps d’écran ». Cette situation sera exacerbée par la tentation constante de se détendre en faisant défiler du contenu. Convenez ensemble de moments et de zones « sans technologie » à la maison. Par exemple, pas de téléphone dans la voiture, ni après 21h. Vous pouvez aussi négocier des restrictions sur certaines applications et certains contenus (YouTube ou TikTok, notamment). Les parents peuvent aider leurs enfants à utiliser les fonctionnalités intégrées du téléphone qui bloquent ces applications pendant certaines périodes ;
3. les notifications : entre les discussions de groupe et les nouvelles demandes d’amis, les notifications peuvent s’avérer incessantes, ce qui peut faire exploser les temps d’écran, dont l’utilisation peut s’étirer jusque tard dans la nuit. Parcourez ensemble les paramètres du téléphone et décidez quelles notifications désactiver (idéalement, la plupart d’entre elles). Cela réduira d’autant les distractions, améliorera le sommeil des enfants et apaisera l’ensemble du foyer.